﻿<?xml version="1.0" encoding="UTF-8"?>
<rss version="2.0"
	xmlns:content="http://purl.org/rss/1.0/modules/content/"
	xmlns:wfw="http://wellformedweb.org/CommentAPI/"
	xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/"
	xmlns:atom="http://www.w3.org/2005/Atom"
	xmlns:sy="http://purl.org/rss/1.0/modules/syndication/"
	xmlns:slash="http://purl.org/rss/1.0/modules/slash/"
	>

<channel>
	<title>L&#039;école de la rue &#187; Interview</title>
	<atom:link href="http://wwww.ecoledelarue.com/category/interview/feed/" rel="self" type="application/rss+xml" />
	<link>http://wwww.ecoledelarue.com</link>
	<description>La feuille d&#039;infos du Rash Paris-Banlieue</description>
	<lastBuildDate>Wed, 19 May 2010 13:45:50 +0000</lastBuildDate>
	<generator>http://wordpress.org/?v=2.9.2</generator>
	<language>en</language>
	<sy:updatePeriod>hourly</sy:updatePeriod>
	<sy:updateFrequency>1</sy:updateFrequency>
			<item>
		<title>INTERVIEW CIP-IDF : LA PREUVE  PAR LA LUTTE</title>
		<link>http://wwww.ecoledelarue.com/2010/01/31/cip-idf-la-preuve-par-la-lutte/</link>
		<comments>http://wwww.ecoledelarue.com/2010/01/31/cip-idf-la-preuve-par-la-lutte/#comments</comments>
		<pubDate>Sun, 31 Jan 2010 21:18:14 +0000</pubDate>
		<dc:creator>L&#39;école de la rue</dc:creator>
				<category><![CDATA[Interview]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://wwww.ecoledelarue.com/?p=152</guid>
		<description><![CDATA[Le 28 novembre dernier, la CIP-IDF ouvrait les portes du 14-16, quai de la Charente, l’occasion de revenir sur le mouvement des intermittents de 2003 qui vit naître la coordination et de faire le point sur la situation aujourd’hui.


Pouvez-vous nous parler du mouvement de 2003 et de ses revendications ?
J : En 2003, les partenaires sociaux [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Le 28 novembre dernier, la CIP-IDF ouvrait les portes du 14-16, quai de la Charente, l’occasion de revenir sur le mouvement des intermittents de 2003 qui vit naître la coordination et de faire le point sur la situation aujourd’hui.</strong></p>
<p><strong><span id="more-152"></span><br />
</strong></p>
<p><em><strong>Pouvez-vous nous parler du mouvement de 2003 et de ses revendications ?</strong></em><br />
J : En 2003, les partenaires sociaux ont entamé des négociations sur les annexes VIII et X de l’assurance-chômage. Ces annexes établissent des règles spécifiques aux salariés du spectacle, du cinéma et de l’audiovisuel. Le mouvement démarra suite à la signature d’un protocole d’accord entre le Medef et trois syndicats (CFDT, CFTC et CGC) qui modifiait ces annexes. Auparavant, il fallait avoir travaillé 507 heures sur les douze derniers mois pour obtenir l’ouverture de ses droits. Avec ce nouvel accord, il est désormais nécessaire de faire le même nombre d’heures en dix mois. Un autre élément de l’accord modifiait profondément le régime d’assurance-chômage des intermittents du spectacle : la suppression de la « date anniversaire ». Auparavant, les droits étaient recalculés chaque année à une date fixe. Les intermittents disposent maintenant de 243 jours d’indemnisation, ce n’est qu’après avoir  « consommé » ces jours d’indemnisation que les droits sont recalculés, sur la base des cachets obtenus lors des dix derniers mois. Nous revendiquions donc le retour de la « date anniversaire », et donc d’un calcul annuel des droits. Pour répondre à cet accord, nous avons travaillé sur une contre-proposition d’assurance-chômage pour les salariés intermittents de tous les secteurs d’activité qui est disponible sur le site de la CIP (*). Nous n’allons pas y revenir dans les détails, mais nous avons inclus dans ce projet le principe de la « date anniversaire » et un plancher d’indemnisation équivalent au SMIC journalier.<br />
F : Un jour chômé est un jour indemnisé quel que soit le domaine dans lequel tu travailles.</p>
<p><em><strong>Pouvez-vous nous raconter comment se passaient  les assemblées générales et  quels étaient vos modes d’actions ?</strong></em><br />
J-F : La première assemblée générale a eu lieu à La Villette, il y avait plus de 1 000 personnes.  Nous étions nombreux et les AG étaient mouvementées. Quant aux actions que nous organisions, il y en avait plusieurs chaque jour, parfois même plusieurs en même temps.<br />
F: Le 26 juin 2003, date de la signature de l’accord, la réaction des syndicats non signataires (FO et CGT) a été de remettre à plus tard la mobilisation… Mais sous la pression, une assemblée générale fut organisée  dès le lendemain au Théâtre de la Colline. À partir de ce moment, le mouvement a échappé aux syndicats et nous nous sommes auto-organisés. Très rapidement, on a lancé l’occupation de la Grande Halle de La Villette, où nous avons mis en place un fonctionnement horizontal avec des commissions. Nous étions très actifs (actions quotidiennes, collages, blocages, distributions de tracts&#8230;). Le débat sur le nom de la coordination a alors révélé des divergences de vue sur le mouvement. Ceux qui avaient une vision corporatiste souhaitaient que nous nous appelions Coordination des professionnels du spectacle. Nous, nous défendions l’appellation Coordination des intermittents et précaires d’Île-de-France afin d’y inclure toutes les professions. C’est ce dernier nom qui a été choisi.<br />
E: La Coordination organisait des actions très variées. Nous faisions aussi bien des films d’informations que des actions beaucoup plus spectaculaires. Mise à part cela, nous devions aussi nous organiser au niveau national, car de nombreuses coordinations étaient apparues en province.<br />
F : Un exemple illustre bien la diversité du travail produit par les commissions. Les gens ne comprenaient pas vraiment les conséquences du nouveau protocole car l’explication était parfois très technique. La commission « info-doc » a réalisé un film intitulé Nous avons lu le protocole qui expliquait les reculs sociaux et leurs conséquences.</p>
<p><em><strong>On peut dire que les intermittents ont montré beaucoup de savoir-faire en matière d’action coup   de poing&#8230;</strong></em><br />
E : De nombreuses personnes ne pouvaient pas agir sur leur lieu de travail car ils risquaient de se faire virer, mais ils nous donnaient des tuyaux qui nous permettaient parfois de contourner les services de sécurité.<br />
J : Le principe, c’était « fais-le toi-même ». On essayait de ne pas trop hiérarchiser les différents types d’actions, qu’il s’agisse d’une distribution de tracts ou bien d’envahir le plateau de France 2. Nous avons aussi attaqué le protocole sur le terrain juridique pour « faux en écriture », mais l’action n’a pas abouti.</p>
<p style="text-align: center;"><img class="aligncenter" src="http://a10.idata.over-blog.com/1/89/25/77/CIP1-der-copie-1.jpg" alt="" width="265" height="374" /></p>
<p><em><strong>On a maintenant un peu  de recul par rapport à ce  nouveau système, quelles  ont été les conséquences directes  pour les intermittents ?</strong></em><br />
F : On évalue à 30 000 le nombre de personnes qui ont perdu leur statut et qui touchent désormais le RMI, ou qui ont, tout simplement,  été obligés de changer de métier.<br />
J : La précarité est encore plus présente car de nombreux intermittents n’arrivent pas à pérenniser leur statut. Suite au mouvement, le gouvernement a été obligé de mettre en place des filets de sécurité avec notamment un fonds de solidarité pour les personnes qui perdent leurs droits. Mais moins il y a de lutte, plus ces filets de sécurité s’effilochent, et le protocole est aujourd’hui appliqué tel qu’il fut signé.<br />
E : Comme il faut travailler autant sur une période plus courte, la concurrence entre intermittents est plus forte. Les heures travaillées au régime général ne sont plus prises en compte. Pour ceux qui avaient des activités complémentaires (cours de musique ou petits boulots), c’est devenu problématique.<br />
F : Le marché du travail a été bouleversé. Par peur des contrôles, les administrateurs de compagnie s’imposent des contraintes qui parfois ne sont même pas nécessaires. La quantité de travail a diminué car certains employeurs décident tout simplement de ne plus avoir recours aux intermittents, et la baisse des subventions aux compagnies n’arrange rien.<br />
J : Par exemple, de nombreux employeurs refusent désormais de payer les répétitions en cachets de douze heures, lorsque le temps de travail effectif est inférieur. Ils sont persuadés de ne pas en avoir le droit, ils ne déclarent donc que les heures effectuées, pourtant les textes sont très clairs à ce sujet.<br />
F : Paradoxalement, le nouveau système, au lieu de protéger les plus faibles, c’est-à-dire ceux qui ont du mal à faire leurs heures, privilégie ceux qui travaillent beaucoup en leur donnant des indemnités très confortables.</p>
<p><em><strong> Quelles sont vos activités aujourd’hui ?</strong></em><br />
E : NOus tenons des permanences tous les lundis, la « CAP » (conséquence de l’application du protocole) qui fut mise en place très rapidement après le mouvement, et une permanence précarité, plus axée sur le RMI et le régime général. On aide les personnes qui ont des difficultés à faire valoir leurs droits à cause de la complexité des textes ou qui sont radié pour des raisons fantaisistes.<br />
J : Nos permanences se rejoignent de plus en plus car le RMI devient une donnée structurelle de l’indemnisation des intermittents.<br />
E : On organise également des universités ouvertes. L’une d’elles portait, par exemple, sur les travaux de Michel Foucault. Ou encore, pendant le mouvement des chercheurs, on a travaillé sur la notion d’évaluation. Elles ont lieu un jeudi par mois. C’est un moment de réflexion théorique qui nous donne des outils pour comprendre.<br />
J : Il y a aussi des projections, des concerts de soutien qui ont lieu régulièrement et qui font vivre le lieu.<br />
E : Actuellement, nous avons lancé une campagne « Pôle Emploi ». On se bat contre l’« offre raisonnable d’emploi » et le plan personnalisé d’accès à l’emploi (PPAE). A cause de l’« offre raisonnable d’emploi », certains chômeurs se voient obligés d’accepter des emplois loin de chez eux ou qui n’ont rien à voir avec leurs compétences pour ne pas être radiés. Le PPAE, c’est le plan de contrôle qui accompagne la recherche d’emploi, le suivi mensuel par exemple.</p>
<p><em><strong>Pour ce qui est du 14-16,  quai de la Charente, est ce que vous pouvez nous présenter  le lieu, ses activités, les collectifs qui l’utilisent ?</strong></em><br />
E : D’autres collectifs que la CIP utilisent également le lieu pour leurs activités. Les sans-papiers du 19e, différents collectifs féministes, une bibliothèque tenue par une association qui s’appelle Contre Sens, des cours de boxe et de vo vietnam.</p>
<p><em><strong>D’autres collectifs organisent également des concerts de soutien. Et le lieu est aujourd’hui menacé d’expulsion&#8230;</strong></em><br />
J : Oui, on savait dès le départ que nous étions ici de manière temporaire car, quand la mairie nous a octroyé le lieu, il était déjà voué à la destruction. La question qui se pose est davantage celle du relogement. À ce jour, ils  nous ont fait des propositions que nous ne pouvions pas accepter, car elles ne correspondaient pas au cahier des charges que nous leurs avons fourni : à savoir, un lieu dans lequel nous pouvons nous réunir et accueillir du monde. Pour eux, nos activités devraient se limiter à une activité de bureau.<br />
E : On a reçu une lettre de la mairie, assez menaçante, qui nous enjoignait à rapidement quitter les lieux. Suite à cela, nous avons organisé une action durant le compte rendu de mandat de Delanoë à la salle Olympe-de-Gouges, dans le 11e arrondissement. Nous l’avons interpellé sur la question du lieu et il a fini par nous promettre de nous faire rapidement de nouvelles propositions&#8230; La vidéo de cette promesse vient d’être mise en ligne sur notre site<br />
(*) www.cip-idf.org</p>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://wwww.ecoledelarue.com/2010/01/31/cip-idf-la-preuve-par-la-lutte/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>0</slash:comments>
		</item>
		<item>
		<title>EN COMPAGNIE DE LA JOLIE MÔME</title>
		<link>http://wwww.ecoledelarue.com/2010/01/31/en-compagnie-de-la-jolie-mome/</link>
		<comments>http://wwww.ecoledelarue.com/2010/01/31/en-compagnie-de-la-jolie-mome/#comments</comments>
		<pubDate>Sun, 31 Jan 2010 20:54:57 +0000</pubDate>
		<dc:creator>L&#39;école de la rue</dc:creator>
				<category><![CDATA[Interview]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://wwww.ecoledelarue.com/?p=176</guid>
		<description><![CDATA[Rencontre avec une troupe de théâtre pas comme les autres. Loïc et Antoine nous parle du fonctionnement et des spectacles de la compagnie Jolie Môme.
Pourriez-vous vous présenter ainsi que la Compagnie ?
ANTOINE : Je suis comédien de la Compagnie Jolie Môme depuis 2007, donc depuis peu puisqu’elle a été crée en 1983 par Michel, fondateur, directeur et [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><em>Rencontre avec une troupe de théâtre pas comme les autres. Loïc et Antoine nous parle du fonctionnement et des spectacles de la compagnie Jolie Môme.</em></p>
<p><em><strong>Pourriez-vous vous présenter ainsi que la Compagnie ?</strong></em><br />
ANTOINE : Je suis comédien de la Compagnie Jolie Môme depuis 2007, donc depuis peu puisqu’elle a été crée en 1983 par Michel, fondateur, directeur et metteur en scène de la Compagnie. C’est un noyau dur de douze personnes : comédiens, techniciens et administratifs. On fait plusieurs spectacles dans l’année.<br />
LOÏC : Je m’occupe des relations publiques au sens large, l’accueil du public, la vie de notre lieu la Belle Étoile, l’organisation des tournées et des spectacles.</p>
<p style="text-align: center;"><img class="aligncenter" src="http://www.agendaculturel.fr/images/art/grde/compagnie-joli-mome-fxxrk.jpg" alt="" width="259" height="259" /></p>
<p><span id="more-176"></span></p>
<p><em><strong>Vous avez participé activement au mouvement des intermittents. Est-ce que vous pouvez nous en parler ?</strong></em><br />
LOÏC : On a participé à beaucoup d’actions dans le cadre du mouvement des intermittents depuis 2002. Il y en avait eu déjà en 1992 et 1997 : ce n’est pas la première fois que l’on attaque nos droits et que l’on se défend. Nous avons fait deux mois et demi de grève en 2003 et mené beaucoup d’actions. La Coordination des intermittents et précaires (CIP) a, entre autres, interrompu le 20 heures de France 2, occupé France Inter et pleins d’autres journaux, le toit du MEDEF, de l’UNEDIC. On a aussi occupé le siège de la CFDT pour demander des explications aux dirigeants nationaux de la CFDT, signataires des accords de 2003 concernant les chômeurs et intermittents. La CFDT a porté plainte alors que c’est censé être un syndicat de défense des travailleurs. Ils ont accusé Ludovic, un camarade de HNS Info (site Web alternatif) et Michel, d’avoir volé une affiche vantant le dernier livre de François Chérèque et d’avoir blessé son garde du corps (qui a en fait reconnu être tombé tout seul). Ils ont aussi et surtout été accusés de violation de domicile. Le procès a eu lieu. C’était tellement ridicule… Michel et Ludovic ont été condamnés à 1 euro symbolique de dommages et intérêts à payer à la CFDT, ainsi que 2 000 euros d’amende avec sursis. Tout cela n’a même pas été noté sur leur casier. Donc, on aurait pu en finir là, mais ça nous agace d’être condamné pour une chose illégitime et injuste, et on a demandé à passer en appel.</p>
<p><em><strong>La Compagnie existe depuis 1983, avec tous les changements de personnel que cela suppose, alors comment on fait pour intégrer la Compagnie Jolie Môme ?</strong></em><br />
LOÏC : C’est avant tout une histoire de rencontre et d’êtres humains. Nous avons choisi de vivre et de fonctionner en troupe, sur le long terme, et puis de travailler beaucoup, intensément et avec passion.<br />
ANTOINE : On passe tellement de temps ensemble, forcément on veut être avec des gens qu’on aime bien et avec qui on a envie de travailler. Moi, je connaissais déjà la Compagnie en tant que spectateur, j’aimais beaucoup ce qu’ils faisaient : la théâtralité et l’engagement politique. J’ai eu envie de devenir comédien et j’avais les mêmes ambitions politiques que la Compagnie, donc je suis allé les voir, je suis venu servir à la buvette le soir, faire le ménage, donner un coup de main et je participais aux ateliers du soir de la Compagnie.<br />
LOÏC : Et aussi aux actions des intermittents à nos côtés, moi je t’ai connu surtout comme ça au début.<br />
ANTOINE : Avec l’engagement politique oui, et puis je suis tombé sur une année où ils cherchaient des comédiens hommes, ça a bien collé et ils m’ont pris.<br />
LOÏC : En fait, quand on a besoin d’un comédien ou d’un technicien, on cherche dans l’entourage de la troupe quelqu’un qui puisse nous correspondre.</p>
<p><em><strong>Comment se traduisent vos idées politiques dans le fonctionnement de la troupe, la gestion du lieu, des relations internes, de vos salaires?</strong></em><br />
LOÏC : Nous essayons de fonctionner selon des principes autogestionnaires. On est tous intermittents du spectacle et l’on a décidé d’être à salaire égal. À la fin du mois, on divise le montant des recettes de la Compagnie par le nombre de personnes qui ont bossé. Que l’on soit metteur en scène, comédien, technicien, on touche tous la même chose, donc on a à peu de choses près la même intermittence aussi. Les grandes décisions se prennent collectivement.</p>
<p style="text-align: center;"><img class="aligncenter" src="http://communistesvilleavion.elunet.fr/public/communistesvilleavion.elunet.fr/.Jolie_M_me_m.jpg" alt="" width="400" height="300" /></p>
<p><em><strong>Comment choisissez-vous les pièces ?</strong></em><br />
LOÏC : L’un de nous fait une proposition, il faut qu’on adhère tous à l’idée, qu’il y ait une émulation collective. Ensuite, l’opinion de Michel, en tant que directeur artistique, est déterminante. Il a un rôle moteur. Quand il sent une énergie collective, il s’en saisit.<br />
EDLR : Et la distribution des rôles ?<br />
ANTOINE : En général, tout le monde essaye tous les rôles, ça crée une petite concurrence utile, une émulation artistique, on compare les interprétations. Ensuite, Michel tranche, il distribue les rôles. Sur Faut pas payer ce fut assez particulier, à la première lecture, la distribution des rôles paraissait évidente.</p>
<p><em><strong>Comment avez-vous obtenu le Théâtre de la Belle Étoile à Saint-Denis?</strong></em><br />
LOÏC : Avant d’être ici, on louait des locaux pas chers sur une friche SNCF à Pont-Cardinet, et au moment où Delanoë s’est mis en tête d’obtenir les Jeux olympiques à Paris. La Ville de Paris nous a fait expulser en achetant tous les terrains SNCF disponibles et ne nous a pas relogés. À ce moment-là, on jouait un spectacle à Saint-Denis lors du Forum social européen, et la mairie nous a proposé ce local. La mairie a fait beaucoup de travaux de mise aux normes et l’on s’est occupé de l’aménagement. À l’origine, ce n’était pas un théâtre mais une salle des fêtes datant de 1906. À notre arrivée, on a fait un travail d’implantation. On propose régulièrement aux gamins du quartier d’assister au spectacle gratuitement, en respectant certaines règles de fonctionnement, par exemple réserver plusieurs jours à l’avance, comme tout le monde. Nous sommes un théâtre ouvert, mais qui ne fonctionne pas juste au gré des caprices des gens. De toute façon, nous sommes souvent devant le théâtre, dans la rue, à interpeller les habitants du quartier pour les informer de ce qui se passe et leur proposer de venir.</p>
<p><em><strong>Et pour Saint-Amant-Roche-Savine en Auvergne?</strong></em><br />
LOÏC : L’Auvergne, c’est notre base d’été, notre repli quand on veut s’isoler un peu, c’est là qu’on enregistre la plupart de nos albums et qu’on va préparer nos spectacles. C’est là aussi qu’on organise tous les étés notre festival « La Belle Rouge », c’est un festival de théâtre, chanson, cinéma et de politique qu’on organise pendant trois jours, chaque dernier week-end de juillet.<br />
<em><strong><br />
Pour conclure, pourriez-vous nous parler de l’actualité et des projets de la Compagnie Jolie Môme ? Il y a bien sûr toujours Dario Fo jusqu’au 13 décembre à la Belle Étoile… </strong></em><br />
ANTOINE : Il y a toujours le spectacle de chansons et de cabaret Basta Ya ! qui tourne tout le temps. D’habitude on va le chanter dans la rue le dimanche, mais comme on joue déjà Faut pas payer le dimanche&#8230; Après, on a des reprises qui sont prévues comme Barricades qui se jouera à la Belle Étoile au mois d’avril, le reste, c’est une surprise !<br />
LOÏC : Et puis on s’occupe d’accueillir d’autres événements ici. On a créé un spectacle qui s’appelle Microsillons pour les 0-5 ans, et la troupe Tamérentong fait des ateliers de théâtre pour 24 mômes du quartier, ils font un super boulot.<br />
ANTOINE : Il y a aussi les ateliers de théâtre et chanson le mardi et mercredi soir. Les gens qui y participent sont un peu la « garde rapprochée » de Jolie Môme. Les copines et copains qui tenaient la buvette et qui servaient ce soir sont issus des ateliers et nous aident bénévolement.</p>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://wwww.ecoledelarue.com/2010/01/31/en-compagnie-de-la-jolie-mome/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>0</slash:comments>
		</item>
		<item>
		<title>Das Ist Wunderbach !</title>
		<link>http://wwww.ecoledelarue.com/2009/10/01/das-ist-wunderbach/</link>
		<comments>http://wwww.ecoledelarue.com/2009/10/01/das-ist-wunderbach/#comments</comments>
		<pubDate>Thu, 01 Oct 2009 20:32:23 +0000</pubDate>
		<dc:creator>L&#39;école de la rue</dc:creator>
				<category><![CDATA[Interview]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://wwww.ecoledelarue.com/?p=122</guid>
		<description><![CDATA[
2009: LE SON DE LA RAYA PUNK DES 80&#8242;S N&#8217;A PAS PRIS UNE RIDE ET ON Y CROIS ENCORE (PLUS FORT MÊME)! MARCO RACONTE.







Après vingt-cinq années de scène, à Paris et ailleurs, quels sont les principaux changements que tu constates par rapport à vos débuts?
Marco Wunderbach : Ouhlà, il va falloir que j’évite de la jouer [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: left;"><!-- 		@page { margin: 2cm } 		P { margin-bottom: 0.21cm } --></p>
<h2 style="margin-bottom: 0cm; text-align: left;">2009: LE SON DE LA RAYA PUNK DES 80&#8242;S N&#8217;A PAS PRIS UNE RIDE ET ON Y CROIS ENCORE (PLUS FORT MÊME)! MARCO RACONTE.</h2>
<p style="text-align: center;">
<br clear="none" /></p>
<p><img class="aligncenter" src="http://biger.free.fr/IMG/logos/wunderbach.gif" alt="" width="200" height="77" /><br />
<br clear="none" /></p>
<p style="text-align: left;">
<p><span id="more-122"></span></p>
<p style="margin-bottom: 0cm; text-align: left;">
<p style="margin-bottom: 0cm; text-align: left;"><strong>Après vingt-cinq années de scène, à Paris et ailleurs, quels sont les principaux changements que tu constates par rapport à vos débuts?</strong></p>
<p style="margin-bottom: 0cm; text-align: left;">Marco Wunderbach : Ouhlà, il va falloir que j’évite de la jouer « Papy keupon raconte les tranchées » sur ce coup ! Le vrai changement pour moi c’est Internet. Un groupe se forme, enregistre deux titres, les met sur une page Web et il existe, sans un concert. Nous, on ne pouvait exister et être connus que par la scène, pour que le bouche-à-oreilles fonctionne en espérant qu’il soit bon… Maintenant, tu joues à Brest et le lendemain matin, il y a le compte rendu du concert sur un site, si ce n’est des photos ou une vidéo, donc tu restes en permanence en « vitrine ». Cela donne une impression de dynamisme, mais je ne suis pas sûr qu’elle soit vraie…</p>
<p><br clear="none" /></p>
<p style="text-align: left;">
<p style="margin-bottom: 0cm; text-align: left;">
<p style="margin-bottom: 0cm; text-align: left;"><strong>La scène punk te semble-t-elle avoir évolué et comment ?</strong></p>
<p style="margin-bottom: 0cm; text-align: left;">Il y a plus de groupes, plus de concerts, de salles et d’organisateurs, sans parler des distros indépendantes, inexistantes avant. En 1980, chacun bossait dans son coin. Il y avait de gros foyers de groupes à Paris, Rennes, Montpellier, voire Toulouse ou Bordeaux, mais le seul relais c’était les fanzines et il y avait des groupes qu’on ne connaissait que de nom. Même si on les écoutait, je n’ai jamais rencontré un mec d’OTH, de Caméra Silens ou de Kidnap à l’époque et j’ai rencontré les Trotskids quand ils ont quitté Rennes pour Paris. En fait, ça a commencé à bouger avec les premières compilations « Chaos en France », mais on avait déjà splitté.</p>
<p style="margin-bottom: 0cm; text-align: left;">Les groupes sont souvent meilleurs techniquement que nous on ne l’était à nos débuts. De mon côté, j’ai eu de vrais coups de coeur, comme récemment avec Dobermann. Mais je peux aussi citer Brixton Cats au Barricata, 103 Pogo, Nuit Rouge de Limoges, Two Tone Club, La Fissure, Stygmate, Holy Holster ou même, dans un autre style, La K-Bine. Enfin, avec mon Alzheimer, je dois en oublier…</p>
<p style="margin-bottom: 0cm; text-align: left;">Pour parler du public de la région parisienne, puisqu’on y vit, il y a souvent plusieurs concerts dans la même soirée alors qu’en 1980 on pouvait attendre des semaines avant d’avoir une affiche punk ! En contrepartie le public est souvent plus blasé. Nous, on avait tellement faim qu’on se délectait de chaque concert ! Même des plus foireux… Mais bon, c’est vrai, on était moins straight !</p>
<p style="margin-bottom: 0cm; text-align: left;">
<p style="margin-bottom: 0cm; text-align: left;">J’ajouterai que la scène me semble plus politisée. Nous, on était surtout des « petits voyous » qui n’aimaient personne et nous faisions le plus bruit possible pour faire chier tout le monde : nos parents, les beaufs, les hommes politiques, la police etc. Mais c’était surtout viscéral et spontané. Aujourd’hui, certains groupes s’investissent beaucoup et je trouve ça très bien, mais je me dis parfois qu’ils doivent avoir beaucoup plus foi en l’humanité que nous ! Nous, on n’aurait jamais pu aller soutenir le combat des Continental, par exemple : les ouvriers et le SO de la CGT nous aurait jeté dehors à coup de pompes ou de matraques en nous traitant de dégénérés!<strong><br />
<br clear="none" /></p>
<p></strong></p>
<p style="text-align: left;"><strong>Je me souviens d’une discussion où tu me disais que vous vous sentiez plus libres, plus fous que les mômes d’aujourd’hui, que tu avais l’impression de t’être mis moins de limites à l’époque qu’eux…</strong></p>
<p style="margin-bottom: 0cm; text-align: left;">C’est simple, on était dans le No Future : « Les Russes et les Ricains vont faire sauter la planète » et il faut profiter de la vie avant… Les mômes d’aujourd’hui savent que même si la Terre sera bien pourrie ils vont devoir vivre avec… Ils sont aussi pessimistes que nous l’étions, mais avec un avenir. Nous, on pensait qu’on n’y avait même pas droit, alors on voulait désespérément avoir l’impression d’exister. On était à fond dans le « vivre vite, mourir jeune » avec tous les excès que ça comporte, sans se projeter dans le futur ni même dans la société. Je pensais mourir avant 25 ans, et quand je les ai eus j’étais tellement mal, que je me suis senti obligé d’en faire une chanson, c’est dire ! Mais je dis aussi dans un nouveau titre qu’on a laissé du monde en route, c’était la roulette russe : « pourquoi mon pote est mort et pas moi? » Ça, ça reste encore parfois dur à vivre…</p>
<p style="margin-bottom: 0cm; text-align: left;">
<p style="margin-bottom: 0cm; text-align: left;">
<p style="margin-bottom: 0cm; text-align: left;"><p><a href="http://wwww.ecoledelarue.com/2009/10/01/das-ist-wunderbach/"><em>Cliquer ici pour voir la vidéo.</em></a></p><strong> </strong></p>
<p><br clear="none" /></p>
<p style="text-align: left;">
<p style="text-align: left;"><strong>C’était quand ta première fois sur scène ?</strong></p>
<p style="margin-bottom: 0cm; text-align: left;">
<p style="margin-bottom: 0cm; text-align: left;">Le retour de Tonton Keupon raconte ! C’était en 1980, je crois. On ne jouait que pour le fun dans la cave d’un copain et on n’osait même pas penser à la scène. Mais lors d’un festival à Villiers-sur-Marne, LSD nous a forcé la main et nous a incrustés de force sur leur set, au dernier moment sans prévenir l’orga. On n’avait qu’un guitariste et à peine six morceaux, je crois. Je ne sais même pas si on avait déjà un nom. On a joué, LSD a joué, les Spoons (le groupe de Manu, notre futur lead guitar) aussi et puis ensuite, comme à l’époque la « punkonnade » était autant à la mode que la « ratonnade », toutes les cités alentours nous sont tombées dessus… Une vraie boucherie ! Je me souviens qu’il n’y avait pas de scène et on a dû jouer devant 50 gus, mais ça a quand même été un choc : j’ai découvert que j’avais ce truc en moi. Et le petit sourire satisfait de Tai-Luc quand on est rentré sur Paname m’a laissé supposer que, lui, il le savait avant et qu’il était ravi de son coup ! C’est ce jour-là que j’ai rencontré Manu et que Wunderbach est vraiment né…<strong><br />
<br clear="none" /><br />
</strong></p>
<p style="text-align: left;"><strong>Est-ce que vous comptez enregistrer un nouvel album ou sortir un nouveau DVD?</strong></p>
<p style="margin-bottom: 0cm; text-align: left;">
<p style="margin-bottom: 0cm; text-align: left;">A priori oui, dans les deux formats. Mais, comme on est une bande de caractériels graves, ça peut encore changer ! En fait, on a envie encore de faire de la scène et on ne peut plus jouer le même set indéfiniment, alors on n’a pas le choix…On a hésité, car je ne sais pas si, vingt-cinq ans après, j’ai encore des choses à écrire qui peuvent toucher les gens, mais ça s’est débloqué cet été. On a déjà testé deux ou trois morceaux sur scène et ça s’est bien passé. Mais bon, on ne le sortira que si on en est fier… Et comme on est très fiers, Inch Allah !<strong></p>
<p><br clear="none" /><br />
</strong></p>
<p style="text-align: left;"><strong>Lorsqu’on vous demandé de jouer au Festival Barricata 2009, vous aviez l’air enthousiastes. Tu m’avais dit que vous étiez heureux de vous inscrire dans un événement aussi clairement politisé, antifasciste…</strong></p>
<p style="margin-bottom: 0cm; text-align: left;">Clairement… On a subi trop de casseroles et trop de gens ont longtemps dit que nous étions fafs à cause de notre nom et parce qu’on a été le premier groupe punk à avoir un public skin. Mais bon, depuis on sait que skin ne veut pas toujours dire faf, non ?</p>
<p style="margin-bottom: 0cm; text-align: left;">En plus, il y a une polémique autour de la chanson « Pas de références ». Mais elle servait juste à dire « on est anars, Ni Dieu, ni maître et c’est tout ». Pour moi, punk et fascisme sont totalement antinomiques ! Tu peux être l’un ou l’autre, mais pas les deux ! Du coup, le Barricata 2009, comme le Limoges Against Fascism en 2005 et en 2009, c’était une façon de mettre les choses au point définitivement pour une bonne cause.</p>
<p style="margin-bottom: 0cm; text-align: left;"><img class="aligncenter" src="http://farm4.static.flickr.com/3320/3446957199_2daa2ab494.jpg?v=0" alt="" width="461" height="293" /></p>
<p style="margin-bottom: 0cm; text-align: left;">
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://wwww.ecoledelarue.com/2009/10/01/das-ist-wunderbach/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>0</slash:comments>
		</item>
		<item>
		<title>Interview du RASH Bogota</title>
		<link>http://wwww.ecoledelarue.com/2009/10/01/interview-du-rash-bogota/</link>
		<comments>http://wwww.ecoledelarue.com/2009/10/01/interview-du-rash-bogota/#comments</comments>
		<pubDate>Thu, 01 Oct 2009 20:21:33 +0000</pubDate>
		<dc:creator>L&#39;école de la rue</dc:creator>
				<category><![CDATA[Interview]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://wwww.ecoledelarue.com/?p=104</guid>
		<description><![CDATA[
Les redskins de Bogota animent une des sections RASH les mieux organisées et les plus actives sur le terrain des luttes sociales et culturelles. Voici leur interview.



Pouvez-nous faire un petit historique du RASH Bogota ?
RASH Bogota : Brièvement, le RASH Bogota est né en 1997, ses débuts sont exclusivement urbains. Des skins communistes de l’époque sont à [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><!-- 		@page { margin: 2cm } 		P { margin-bottom: 0.21cm } --></p>
<h3 style="margin-bottom: 0cm;">Les redskins de Bogota animent une des sections RASH les mieux organisées et les plus actives sur le terrain des luttes sociales et culturelles. Voici leur interview.</h3>
<p style="text-align: center;"><img class="size-medium wp-image-105  aligncenter" title="Bogota" src="http://79.170.40.162/ecoledelarue.com/wp-content/uploads/2009/12/caf7-300x143.jpg" alt="Bogota" width="300" height="143" /></p>
<p style="text-align: center;"><span id="more-104"></span></p>
<p style="margin-bottom: 0cm;">
<p style="margin-bottom: 0cm;"><strong>Pouvez-nous faire un petit historique du RASH Bogota ?</strong></p>
<p style="margin-bottom: 0cm;">RASH Bogota : Brièvement, le RASH Bogota est né en 1997, ses débuts sont exclusivement urbains. Des skins communistes de l’époque sont à l’origine de sa création, leur but était de créer un mouvement fort et organisé pour proposer des solutions politiques et contre-culturelles. Au début, nous ne faisions pas grand-chose, on sortait un fanzine appelé Red Zine, nous avions un bar appelé Bar-Red et nous parcourions la ville à la recherche de nazis. Nous étions 10, au maximum, à animer le RASH, nous travaillions avec des organisations politiques anarchistes et communistes, nous participions aux manifs et l’on s’embrouillait souvent avec les flics. À cette époque, le RASH succéda à la vieille Resistencia Redskin de Bogota qui s’était dissoute. Nous avions beaucoup d’histoires, de bagarres, d’embrouilles diverses, certains d’entre nous firent de petits séjours en prison, on allait au stade et, surtout, on pensait pas mal à se divertir. Un jour, on en a eu marre, et nous avons décidé de construire une organisation forte et disciplinée, respectée dans la ville tant par son activité politiques que par ses actions directes.</p>
<p style="margin-bottom: 0cm;">
<p style="margin-bottom: 0cm;"><strong>Pourriez-vous présenter vos activités et vous définir politiquement ?</strong></p>
<p style="margin-bottom: 0cm;">Actuellement nous travaillons beaucoup dans notre ville et aussi au niveau international. À chaque fois que nos finances nous le permettent, nous sortons notre fanzine Barricada internacionalista, nous avons déjà édité trois numéros et le quatrième est prévu pour bientôt. Notre zine s’appelle ainsi car nous nous revendiquons du travail des débuts du fanzine du RASH Paris, Barricata. Tout au long de l’année nous réalisons différentes activités contre-culturelles, des initiatives politiques et sociales. Nous organisons des festivals : Fuck the RAC Fest, RASH Fest, Rock Radical Rojo y Para Todos Todo Festival. Ces événements ont énormément contribué à fortifier le mouvement antifasciste à Bogota. On a fait jouer des groupes comme Non Servium et Retaque. Et aussi des groupes colombiens proches du RASH qui purent ainsi exposer leurs propositions politiques et culturelles. De plus, chaque année, nous réalisons les campagnes suivantes : campagnes de solidarité avec les prisonniers politiques, et avec les peuples du monde, la Marche antifasciste de Bogota, Avril antifasciste, Octobre rouge. Et nous participons à de nombreuses manifestations organisées tout au long de l’année ; manifestations syndicales, pour la défense de l’enseignement public, pour le travail, contre l’homophobie, le racisme, la discrimination, à des marches pour les déplacés et exilés de notre pays, etc. De même, nous travaillons avec la Coordination antifasciste de Bogota, dont nous sommes à l’origine, et qui réalise actuellement un très bon boulot. Nous sommes également attachés à l’oeuvre des Bafs (Brigade antifasciste) de Bogota. Nous développons un travail social et politique dans la ville et à travers le pays, inscrit au niveau national dans l’action du RASH Colombie, et nous sommes fiers d’appartenir à la Confédération unies des RASH. Nous nous consacrons chaque jour à la liberté, l’égalité et la solidarité des peuples du monde.</p>
<p style="margin-bottom: 0cm;">
<p style="margin-bottom: 0cm;"><strong>Vous considérez-vous comme un groupe politique ou plus comme un collectif culturel ?</strong></p>
<p style="margin-bottom: 0cm;">Nous sommes une organisation politique de cadres, contre-culturelle et révolutionnaire qui agit au sein de la jeunesse colombienne pour l’émancipation du peuple et sa libération du joug de l’oppresseur.</p>
<p style="margin-bottom: 0cm;">Nous travaillons avec différentes organisations politiques rouges et anarchistes, révolutionnaires et combatives (la liste est longue) dans l’idée de nous implanter chaque fois un peu plus au sein du mouvement social et politique colombien.</p>
<p style="margin-bottom: 0cm;"><strong>Que pensez-vous de la situation au Venezuela et de la politique de Chavez ?</strong></p>
<p style="margin-bottom: 0cm;">Eh bien, nous ne sommes mariés à personne, à aucun parti ou à qui que se soit – nous sommes une organisation indépendante et autonome. Nous n’avons ni drapeau ni frontières, mais nous percevons qu’une révolution bolivarienne s’articule autour de ce qui se passe au Venezuela – un projet politique pour notre continent, qui s’appuie fortement sur la participation des gens au pouvoir. C’est pourquoi nous le soutenons dans toutes les questions relatives au travail social qui, nous l’espérons, seront fécondes pour le peuple vénézuélien. Nous appuyons le bolivarisme continental !</p>
<p style="margin-bottom: 0cm;">
<p style="margin-bottom: 0cm;"><strong>Et des changements de politique en Amérique du Sud suite à l’élection de présidents socialistes ?</strong></p>
<p style="margin-bottom: 0cm;">Tout cela doit être analysé à la loupe pour chaque pays, car les contextes sont différents. Le Brésil est une social-démocratie qui penche à droite et qui n’a rien de révolutionnaire. En Argentine, le processus en marche (depuis la crise du début des années 2000) a été stoppé net par les réactionnaires. En Bolivie, Evo Morales a dû faire face à des foyers impressionnants d’ultradroite dans sa bataille pour donner plus de pouvoir au peuple, qui fut très dure – les affrontements ont fait beaucoup de morts. Le Pérou a à sa tête un laquais de l’impérialisme américain… Les pays qui tentent de prendre un virage radical vivent de dures confrontations internes, les capitalistes faisant tout ce qui est en leur pouvoir pour faire perdurer leurs intérêts. Nous manquons d’unité entre les peuples et de solidarité internationale pour que notre continent prenne un virage à gauche et avance pour sa libération. En Colombie, nous avons la plus forte dictature du continent protégée par une alliance narco-paramilitaires-politiques, avec à sa tête Uribe (un mercenaire sud-américain au service des gringos).</p>
<p style="margin-bottom: 0cm;">
<p style="margin-bottom: 0cm;"><strong>Quelle est votre vision du bolivarisme ?</strong></p>
<p style="margin-bottom: 0cm;">Pour nous le bolivarisme est une lutte sud-américaine qui doit renaître dans ce continent pour que le peuple avance jusqu’au pouvoir. Tout le pouvoir au peuple ! Il est nécessaire de récupérer ce qui nous appartient et de le conserver car nous avons longtemps été exploités, humiliés et massacrés. Il est nécessaire, qu’au niveau international, les gens se solidarisent avec ce processus et nous aident de différentes manières à atteindre notre objectif. Une nouvelle Amérique du Sud !</p>
<p style="margin-bottom: 0cm;">
<p style="margin-bottom: 0cm;"><strong>Pouvez-vous nous parler de la scène punk et skin en Colombie ?</strong></p>
<p style="margin-bottom: 0cm;">La scène punk est très ambiguë en Colombie. Politiquement, elle n’est pas très définie, mais il y a tout même des exceptions, certains se revendiquent d’un punk combatif et militant, et avec eux nous travaillons souvent. Pour le mouvement skin colombien nous pouvons vous donner quelques chiffres : 400 faux skins néonazis, 300 skins ambigus, 1 000 skins antifas. Bref, beaucoup de skins, beaucoup de mode. Peu de véritables convictions. Peu de luttes concrètes et réelles.<br />
Le seul mouvement qui continue à avoir des convictions claires qui lui sont propre est le RASH Colombie et quelques sections du SHARP Colombie. Le bilan est bon mais nous devons le fortifier idéologiquement.</p>
<p style="margin-bottom: 0cm;">
<p style="margin-bottom: 0cm;"><strong>Existe-t-il des fascistes et des nazis en Colombie, quel est leur discours ?</strong></p>
<p style="margin-bottom: 0cm;">Oui, même si cela peut paraître contradictoire, il existe des fachos ici ! Ils ont un discours assez fort. Ils disent lutter pour la race, quand tous sont le produit du métissage continental. Ils disent lutter pour la famille blanche, mais se rapprochent plus  du toxico ou du gangster. Au final, ils sont un pur produit du capitalisme et des modes européennes. Des jeunes sans aucun sens de la vie ni sentiment d’appartenance. Beaucoup viennent de la scène punk et sont le produit de son ambiguïté. Ils luttent pour une nation qui les exploite quotidiennement, et à laquelle ils rendent hommage. Politiquement, ils s’allient à des partis ultraconservateurs qui financent leurs méfaits, comme Cambio Radical (« Changement radical »), le Parti conservateur et les autres partis chrétiens. La majorité sont des enfants de familles pauvres, très humbles. C’est dire leur niveau d’ignorance, qui les conduit à se considérer comme néonazis. Ces abrutis sont manipulés par de nombreux groupes politiques, dont les paramilitaires, qui les utilisent dans la défense de leurs intérêts. Leur discours est calqué sur celui d’Uribe : sécurité démocratique (sic), extermination des insurgés, Montages, Faux positifs<span style="font-family: Lucida Grande;"> </span>1, etc. (Avec ce discours très à la mode en Colombie, ils ont fait beaucoup d’adeptes.) Dans un pays ultra-fasciste il y aura toujours des moutons qui seront dominés par des groupes politiques.</p>
<p style="margin-bottom: 0cm;"><strong>J’imagine que la répression de l’Etat contre les révolutionnaires est forte en Colombie, pourriez-vous nous en parler ?</strong></p>
<p style="margin-bottom: 0cm;">La répression est très forte ici, effectivement. Chaque jour, des jeunes, des leaders syndicaux, des profs syndiqués, des mères représentantes de quartier, des étudiants, des activistes disparaissent et personne ne fait rien. Cet « Etat » paramilitaro-fasciste continue d’anéantir le peuple pour servir ses macabres intérêts et de dominer la politique intérieure sous la menace des balles.</p>
<p style="margin-bottom: 0cm;"><a href="www.rashbogota.org">www.rashbogota.org</a></p>
<p style="margin-bottom: 0cm;"><em>1 Un euphémisme martial qui cache une réalité particulièrement sordide: des centaines voire des milliers de civils colombiens, généralement des marginaux ou de pauvres paysans, ont été froidement assassinés par l’armée puis vêtus de treillis avant d’être présenté comme des guérilleros tués au combat.</em></p>
<p style="margin-bottom: 0cm; text-align: center;">
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://wwww.ecoledelarue.com/2009/10/01/interview-du-rash-bogota/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>1</slash:comments>
		</item>
	</channel>
</rss>
