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1 < >oct 2009

Quand l’Etat tire dans l’tas !

Author: L'école de la rue | Filed under: Police et Répression

Un Flash-Ball dans les mains d’un flic, ça fait peur… ça fait mal aussi. Mais rien n’est trop beau pour mater la racaille anti-Sarko.

Montreuil, le 8 juillet 2009 : un homme qui manifestait pour protester contre l’expulsion du squat la Clinique reçoit un tir de Flash-Ball, « au dessus de la ligne des épaules » comme écrit dans les rapports officiels. Comprendre : en plein dans la tronche ! Le jeune homme a perdu un œil. Quant au policier, à l’origine du tir, il est à ce jour mis en examen et poursuivi pour violence volontaire suite à une enquête de l’Inspection générale des services. Affaire à suivre.

Cet incident n’est pas une bavure isolée. On dénombre des dizaines d’autres cas de victimes de tirs de lanceurs de balles de défense (LDB, appellation générique du Flash-Ball) dans l’oreille, la nuque, la tempe…

Quelques exemples de ces derniers mois : mars 2009, Toulouse, un étudiant est gravement touché à l’œil ; mai 2009, Neuilly-sur-Marne, un jeune de 18 ans est victime d’un traumatisme crânien, et, à Villiers-le-Bel, 2 personnes perdent chacun un oeil ; juin 2009, Bondy, une victime d’un tir de Flash-Ball est admise aux urgences où les médecins diagnostiquent un choc cardiaque…

Flash ball

Dissuasif qu’ils disent

Cette arme « non létale » était à l’origine réservée aux unités type RAID, GIGN ou BAC intervenant dans des cas très spécifiques. Depuis 2002, les fameux Flash-Ball complètent l’équipement d’autres services de police comme les CRS ou les flics municipaux, formés comme il se doit durant une demi-journée sur cible fixe. Car, comme le disait si bien Nicolas Sarkozy, alors ministre de l’intérieur :  « Quand les policiers en sont équipés, les voyous ne viennent pas les chercher »… Sauf à armes égales – en septembre 2008 à La Courneuve, des policiers ont essuyé des tirs de Flash-Ball… !

Le 21 août dernier, suite à la multiplication des cas de bavure et à un léger développement médiatique des événements de Montreuil, la préfecture de police de Paris rappelle et détaille, dans un document officiel, le mode d’emploi de l’engin. « Une distance minimale de 7 mètres doit être respectée (10 mètres pour le modèle plus puissant) ; interdiction de tirer sur le conducteur d’un véhicule ; interdiction de viser au-dessus des épaules ; obligation d’apporter une surveillance médicale pour chaque victime de tir. » Gentille bafouille quand on sait que les nouveaux modèles de lanceurs de balles de défense utilisant des balles de 40 mm de diamètre (le GL-06 de l’armurier suisse Brügger & Thomet, surnommé « LBD 40 » par les français) sont considérés, à moins de 10-15 mètres, comme dangereux par la Commission nationale de déontologie de la sécurité. La littérature du centre de recherche et d’études de la logistique de la police nationale sur le sujet est éloquente : « Le système LBD présente des effets traumatiques dont la sévérité peut entraîner des lésions graves pouvant être irréversibles voire mortelles, lors de tirs jusqu’à cinq mètres au moins. Pour des distances de tirs comprises entre cinq et dix mètres, des lésions graves sont observées. » Heureusement, ce nouveau joujou est destiné à être utilisé pour la neutralisation d’un individu à distance. Conclusion d’un flic : « il faut donc compter sept mètres en moyenne pour que ce soit efficace et le moins létal possible ! » (sic) On doit donc s’en remettre au discernement de ce genre de personnage pour rester « plus ou moins » en vie…

Quelques mises en examen et bavures plus tard, qu’est-ce qui a changé ? Le syndicat Alliance défend toujours les collègues, normal… Il va même jusqu’à poursuivre la chaîne M6 pour son traitement agressif et partial du sujet dans un « Zone interdite » sur les tensions entre les citoyens et les forces de l’ordre, une émission au top de la subversion… Du côté du ministère, Brice Hortefeux (vous savez : celui qui évite les groupes d’Auvergnats !) évoque le sujet avec son tact si particulier : « Le Flash-Ball est une arme non létale, si on l’enlève, on remet les pistolets ?! ». Excellent, sauf que la police est toujours équipée de pistolets… Il a peut-être confondu avec la guillotine.

Une Réponse à “Quand l’Etat tire dans l’tas !”

  1. la connerie est elle aussi non létale !!! dommage !!!

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