CIP-IDF. interdiction d’expulser !
Author: L'école de la rue | Filed under: PolitiqueLa Ville de Paris menace d’expulser les locaux de la CIP-IDF, 14, quai de la Charente. Ne laissons pas faire!
La Coordination des intermittents et précaires (CIP) s’est créée en 2003 lors de l’important mouvement contre la réforme du régime de l’assurance-chômage des intermittents du spectacle. La CIP exprime depuis lors sa profonde opposition à ce système qui, en excluant ceux dont la situation est la plus précaire, ne fait qu’accroître les inégalités et enferme les intermittents dans une logique comptable, contraire en tout point au processus de création artistique et culturelle.
Fin 2003, à la suite de nombreuses interventions de protestation (sur le Journal télévisé de France 2, prime time de la Star Ac’, etc.) et autres occupations de salles pour la tenue de ses assemblées générales, la CIP-Ile-de-France obtient de la Ville de Paris, « sensible aux revendications portées par les intermittents » , les locaux du 14, quai de la Charente, Paris 19e.
UN LIEU POUR L’AUTOGESTION
L’endroit a pour vocation première d’abriter les activités militantes de la CIP : réunions, permanences d’accueil et d’information, universités ouvertes, etc. Il accueille aussi régulièrement les initiatives d’autres collectifs militants, projections, spectacles, concerts de soutien, débats, rencontres, permettant ainsi la subsistance d’une culture alternative, non marchande et solidaire.
Depuis juin 2007, nous, le collectif Barricata, avons trouvé grâce à ce local et à la CIP le vecteur idéal à notre conception de l’organisation de concerts militants et avons pu continuer nos activités dans l’esprit qui nous est cher : Do it Yourself et non-profit ! Il est évident pour nous qu’à l’heure où l’on formate les corps et les esprits, à l’heure où tout s’achète et tout se vend, où tout ce qu’on nous autorise à voir, à lire, à écouter ou à manger est laid, stupide et sans saveur, de tels espaces de liberté ont une valeur inestimable. Si minces soient nos marges de résistance au système, si confidentielles soient nos alternatives, il nous importe de les préserver coûte que coûte.
C’est pour cette raison que nous voulons nous faire l’écho de la situation actuelle concernant le 14, quai de la Charente. La convention d’occupation précaire signée entre la CIP-IDF et la SEMAVIP, société chargée de l’opération d’aménagement du site, a pris fin en septembre 2008 et, dès lors, les occupants furent invités à vider les lieux. La CIP a alors négocié auprès de la mairie un relogement dans des locaux adaptés à leurs activités comme condition à son départ du 14, quai de la Charente. Depuis, deux propositions de locaux ont été faites à la coordination, mais celles-ci ne remplissaient pas les conditions nécessaires à la continuité des activités de la CIP, notamment en ce qui concerne l’accueil de public. Suite à ces refus, la Ville de Paris fait savoir à la CIP-IDF, dans un courrier daté du 9 octobre, que les locaux du 14, quai de la Charente devaient impérativement être libérés en vue de leur démolition prochaine et qu’aucune autre proposition de relogement ne pourrait désormais leur être faite. Aujourd’hui, demain, dans un mois ou deux ? Nous devons malheureusement redouter qu’une expulsion n’intervienne rapidement.
La CIP-IDF et, plus largement, les utilisateurs du 14, quai de la Charente solidaires entendent bien faire valoir leur volonté de défendre bec et ongles ce projet de lieu collectif plus que jamais essentiel au développement d’alternatives concrètes au modèle dominant de l’individualisme et de la compétitivité. La résistance s’organise, la CIP-IDF et ceux qui souhaitent les soutenir étudient en ce moment les différentes options pour mener la bataille. Dès aujourd’hui, n’hésitez pas à manifester votre soutien, vos idées et vos propositions auprès d’eux, tenez-vous informés et aidez nous à préserver cet espace libre !
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